Flowerbone, Robert Alexis

Le cyborg qui sert de personnage au roman, occupe un vaisseau dévié de sa route pour une raison inconnue. « La solution exigeait une part d’irrationalité ; seul un humain pouvait ajouter à son analyse un paramètre échappant à la logique pure, et reproduire son intuition indéfinissable jadis utilisée face aux chess computers. » Pour reproduire cette intuition, le cyborg est plongé dans le monde humain, incarné dans le corps d’une femme, et devra apprendre sur le tas.

Il semble logique qu’une machine n’ait pas de goût pour les périphrases ou les métaphores. Mais paradoxalement, le style que le robot-narrateur-femme produit est loin d’être pauvre. Face à l’afflux des informations et sensations nouvelles et étranges auxquelles il est confronté, il mobilise un vocabulaire riche et précis, parfois inhabituel, apte à rendre les détails de l’expérience, et par suite bien plus subtile que le lexique du modèle humain de base (obligé de sortir son dico), même lorsque les analyses ne relèvent pas de l’anatomie ou d’autres domaines techniques.
A ce style métallique s’oppose le récit chaleureux d’un aviateur passionné par sa machine, prêt à sacrifier sa vie trop terrestre pour un rêve, une aventure. Le rencontre de cette homme et de la femme (le cyborg) est différée. Elle devra d’abord apprendre ce qu’est être un être humain vivant : avoir un corps, être doué d’une âme, subir la violence, vivre l’amitié et l’amour. Peu à peu le cyborg devient son corps, devient une femme, et n’est plus seulement le pilote d’une machine qu’il apprend à manier, l’histoire le conduit (la conduit, je veux dire) donc à ne plus être le simple spectateur des effets que produit son corps sur les hommes qui l’entourent (entre autres choses qu’ils font). Evidemment ce n’est pas sans humour qu’on nous montre un robot apprendre la vie, sa brutalité ou sa douceur (elle se retrouve dans un monde de gansters, dans le corps d’une magnifique jeune femme (celui de la magnifique Joan Bennet, en photo de couverture?) – on imagine les épreuves qu’elle devra subir).
Quand un cyborg devient-il humain, ou l’inverse? Le vaisseau pourra-t-il finalement reprendre une route correctement tracée?

Chez José Corti

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1 Response to “Flowerbone, Robert Alexis”


  1. 1 Anonymous 04/02/2008 à 19:18

    d’un baron rouge à une rue rouge pour une dame en noir et un amour blanc


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