Un complot de saltimbanques, Cossery

Certes je ne te conseille pas d’instaurer une relation durable avec Cossery en commençant par lire le Complot de saltimbanques, parce que d’autres de ses livres sont peut-être plus marquants. Cependant, il ne faudrait pas se montrer injuste.

Trois types ont compris le sens de l’existence : ils passent donc leur temps à ne rien faire sinon se moquer du monde, c’est-à-dire des ambitieux et autres agités. Tel est leur suprême délassement. Certes Teymour, celui qu’on rencontre en premier, revient d’Europe, et a craint un instant de s’ennuyer en retournant au pays, dans sa province : « Assis à la terrasse du café, Teymour se sentait aussi malchanceux qu’un pou sur la tête d’un chauve. » Ses anciens amis craignent un instant qu’il ne soit perdu à jamais, car il paraît qu’il a obtenu un diplôme d’ingénieur chimiste, suprême déchéance. Heureusement, il n’a pas travaillé pour l’avoir, il l’a acheté (ce qui ne change pas grand chose, il est persuadé qu’il en sait autant qu’un ingénieur officiel, c’est-à-dire qu’il ne sait rien).

Il apprend que plusieurs notables de sa ville ont mystérieusement disparu et, surtout, car en quoi ces disparitions pourraient-elles être nuisibles?, il apprend que ses amis, et lui par conséquent, son soupçonné d’en être responsables, au nom de quelques idéaux révolutionnaires. Leur mode de vie ne s’en trouve pas troublé. Elle se trouve seulement enrichie d’un moyen de se gausser. Le chef de la police est persuadé, car il a étudié la question, que pour organiser une soulèvement populaire il faut être oisif. Par conséquent les joyeux flemmards sont soupçonnés de visées terroristes.

Il faut que tu saches que la plus grande partie du roman est constitué des déambulations et successions de farces des personnages, ce qui est loin d’être déplaisant. Et de leurs ricanements devant ce qu’ils considèrent comme la mascarade qui les entoure. Cependant, il te sera difficile, si tu le lis, de ne pas te demander s’ils ne sont pas effectivement des sortes d’activistes politiques, paradoxaux peut-être. Juste un truc : la fin est peut-être trop prévisible (même si, crois-moi, il est impossible que tu la devines à partir de ce que j’écris là), mais bon, tu auras compris qu’on s’en fout un peu.

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1 Response to “Un complot de saltimbanques, Cossery”


  1. 1 Sir Ph 23/02/2008 à 08:54

    Pour avoir des visées (tout court), oui, il faut un peu de temps, au carrefour de la reproduction de l’espèce et de l’ordre social, un minimum les coudées franches…


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