Anvers, de Bolaño

Une série d’éclats, très intenses et très denses, et de ce fait très étranges, surnaturels, comme une poésie noire, où apparaissent des cadavres pendant que disparaissent d’autres personnages alors qu’ils sont poursuivis par d’autres, à mois que ceux-ci en cherchent de tout à fait différents et qui n’ont rien à voir. Et dans un camping on passe sur une toile blanche, on le devine, un film où jouent les belles femmes et les hommes armés, prêts à tuer s’ils ne l’ont déjà fait. Dans ce camping un jeune homme est perdu entre la fiction et le réel, entre son désir et le manque, entre partir et rester.

Un livre extrêmement mystérieux, écrit ni en vers ni en prose, et le Jourdain en moi s’en trouve tout perdu. Une langue qui ne dit pas ce qu’elle dit, pour ainsi dire, qui nous montre quelque chose situé entre les éclats (résultats d’une explosion), du côté des silences, pendant lesquels on cherche le sens de ce qui reste, du concentré que nous passe Bolaño.
Mais encore une fois tu vas penser que je délire, et j’aurai du mal à te donner tort.

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5 Responses to “Anvers, de Bolaño”


  1. 1 a.w. 05/10/2007 à 17:51

    Ce que je trouve assez étonnant (et admirable) chez Bolaño c’est sa manière de traiter ses obsessions. Sa manière de rejouer des scènes, avec des éclairages et des prises de vues et même des formes invraissemblablement différentes.Ce « motif », cette mise en scène du camping (comme d’autres), est récurant, depuis Anvers, en passant par La Piste de glace et les Détectives Sauvages. Mais à chaque coup (comme des coups de dés), c’est autre chose et c’est la même chose.

  2. 2 Untel 05/10/2007 à 18:25

    La piste de glace! Le gardien de camping peut jouer le même rôle que le détective. Il est là il observe, il est d’abord un témoin, mais il suffit que sa curiosité soit piquée pour qu’il se mette à enquêter. Et en plus, comme certains détectives fameux, et si on en croit Bolano, le gardien (surtout celui chargé des rondes de nuit) peut se laisser aller au délire éthylique. Des marginaux quoi, comme certains des types qui écrivent des livres. Tellement d’autres points communs peuvent être trouvés entre ces trois là quand on y réfléchit (peux pas trop y réfléchir maintenant, ou mes yeux vont tomber sur mon clavier).La piste de glace! Cette parodie pleine d’harmoniques : le soleil accablant, les peaux moites, les lascivités meurtrières, l’ambition, l’intrigue politique, et même sportive! (bon ça, c’est vrai, il ne l’approfondit peut-être pas trop – mais j’y pense, tu sais qu’il y a une nouvelle consacrée à des footballeurs dans les Putains meurtrières, et aussi l’histoire de ce supporteur séquestré! – comme quoi, si on commence à chercher des résonances…).La piste de glace! Faudrait que j’en reprenne quelques pages. Une combinaison de dés, ou les mêmes fils toujours repris pour tisser autre chose (désolé, suis crevé – le capitalisme aura ma peau). Une de ses obsessions : pourquoi des types s’éprennent de littérature au point de la faire passer avant tout, d’oublier le reste, pour y trouver… quoi?Ce qui m’impressionne chez lui, aussi, c’est son éthique, en tant qu’écrivain et donc en tant que type: tenir le pas, ne jamais lâcher. Et sa simplicité, d’une certaine façon. Mais là si je continue mon crâne va se fendre et l’air qu’il contient s’échapper dans l’atmosphère.

  3. 3 a.w. 05/10/2007 à 22:18

    Hé bien, ce commentaire est plus long que la note sur Anvers !Ceux qui lisent l’espagnol doivent se procurer les entretiens « Bolaño por si mismo » Ediciones Universidad Diego Portales.Il y est tout à fait question d’éthique, de littérature et d’amour. Ces entretiens donnent le portrait d’un homme qui manque.Pu..naise, il y en a qui aurait dû passer la barre des 50. Vivre 100, 150 ans. 1000 ans.

  4. 4 Anonymous 13/10/2007 à 13:29

    Sergio Gonzalez Rodriguez, l’auteur des Os dans le désert (Passage du Nord/Ouest), ami de Roberto Bolaño – celui-ci a donné son nom à l’un des personnages de 2666-, est en France, invité dans le cadre des Belles Latinas (http://www.espaces-latinos.org/). Il passera peut-être pas loin de chez vous.

  5. 5 a.w. 14/10/2007 à 12:01

    Je suis en train de lire « Des os dans le désert ». Merci pour l’info, mais malheureusement, rien dans mes parages d’après le programme.


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