Archive pour octobre 2007

Lapidaires, Miguel Torga

L’art de la miniature est une discipline exigeante, en littérature comme dans d’autres arts. Il exige la maîtrise d’un ciselé qui soit à la fois de finesse et de force, pour que la petitesse de la forme ne remette pas en cause la clarté des contours, et que la rapidité du trait ne compromette pas l’équilibre d’ensemble.

A cet égard, les Lapidaires de Torga sont exemplaires.

Il s’agit d’un recueil de textes dont aucun n’est plus long que 10 pages, le plus court en comptant 2. Et pourtant, on sent toute l’histoire passée des personnages évoqués, et tous sont dotés d’une personnalité marquée. Torga ne se place pas sur le même registre que Bolaño, me semble-t-il. Ses personnages sont moins romanesques. Au contraire, ils sont tous communs, en ceci qu’ils sont tous pris par leur quotidien, chaque récit constituant la lucarne par laquelle nous les observons alors qu’ils sont mis à l’épreuve, justement dans leur contexte habituel. C’est peut-être ce qui m’a le plus impressionné en lisant ces textes : la présence de l’environnement, c’est-à-dire du passé comme des conditions d’existence de ces personnages qui peuvent être un médecin, un travailleur des champs, un berger (la campagne et la montagne portugaise sont le terrain privilégié de Torga, comme le montrent notamment les Contes de la montagne, que tu peux trouver en poche, et que je te conseille de lire autant que les Lapidaires), ou encore chef d’entreprise, jeune fiancé(e), mendiant, torero, gamin qui joue à la toupie… Si j’acceptais de tomber dans une sorte de facilité journalistique, je dirais que l’auteur, à chaque fois, parvient à créer un monde (m’appuyant sur le fait qu’il a écrit un livre intitulé La Création du monde, que je n’ai pas lu, ce qui me rapprocherait encore davantage, penses-tu peut-être, de la façon de faire des journalistes). Car, comme je le soulignais, chaque personnage porte le poids de sa propre histoire, de sa propre pensée, de son caractère etc, qui le pousse à agir comme il le fait. De sorte qu’on trouve la formule de cet état de fait dans une phrase comme : « Mais la vie, même absurde, se déroulait avec logique ».

Cette variété et cette richesse de figures est à mon avis le signe du profond optimisme de Torga à l’égard de ce que l’on appellerait la nature humaine. Les types humains sont-ils si variés qu’il semble le penser? Les différences ne sont-elles pas plutôt infimes, peut-on ne pas se désespérer de l’instinct grégaire qui nous conduit sans doute bien davantage que notre créativité, quoi qu’en disent les philosophes? Tu penseras peut-être avec raison que j’entre là dans des généralités que je ne peux assumer en ce texte.

Chaque pièce est un moment dramatique, qui remet en cause ce qui était jusque là comme une évidence, ébranle le monde clos des personnages, ou insiste sur l’inéluctabilité de la succession des actes.

Je n’ai pas encore suffisamment parlé de l’ambiance qui se dégage de chaque texte, l’impression de vivre dans un univers plein (peut-être encore le signe d’un certain optimisme), plein d’animaux, de lumières, de sentiments, de types humains, qui forment un ensemble riche, que l’on a l’impression de pouvoir comprendre, alors même, bien sûr, que la conduite des personnages est dictée par leur folie ou leurs tares, ou à l’inverse par leur détermination, où par une tendance située dans la nuance, quelque part ailleurs sur le spectre.

Surtout il ne faut pas comprendre que les textes sont schématiques au sens psychologiques. Au contraire, puisque l’intérêt des textes vient justement de ce qu’ils mettent en avant une grande multiplicité de facteurs, qui souligne justement une sorte de poétique de l’action humaine, une richesse insoupçonnée de sens.

Le seul défaut que je pourrais repérer est l’éloquence et le caractère édifiant de certaines des nouvelles, qui est sans doute le fait de l’importance qu’acquiert la chute dans ces courts textes. Mais ça ne concerne que quelques uns de ces textes, et ne remet pas en cause la qualité de l’ensemble, surtout que je joue peut-être un peu trop la fine bouche. A toi de voir.

Traduction de Claire Cayron publiée chez José Corti

Nomos Alpha, de Xenakis

Avant d’entendre la pièce Nomos Alpha, pour violoncelle seul, je l’ai vue. J’ai vu un violoncelle, cet instrument rond, sensuel, riche et large, se faire martyriser par un individu qui se prétendait musicien, mais qui m’apparaissait plutôt comme l’instrument de torture utilisé par le compositeur. Nous restions, impuissants, à contempler ce spectacle atterrant.

On voit en effet, et il faut effectivement prendre le temps de l’adaptation pour l’entendre, que la pièce commence par une courte série de pizzicati particulièrement forts, risquant presque de casser les cordes. Le musicien poursuit son office en les martelant. Après ça il frotte son archet pour produire les sons les plus extrêmes de l’instrument. Plutôt : il râpe les cordes sans défense avec son archer, espèce de brute. Il lui fait la totale, ensuite, du pianissimo aux fortissimo, de longs notes tenues à une succession vives de piz de martèlements ou de frottements frénétiques, en une suite de séquences de quelques secondes, qui se succèdent sans laisser aucun répit. Après le moment d’étonnement horrifié, pour ainsi dire, vient bien sûr, comme souvent avec ce genre de musique, et en particulier avec Xenakis, l’étonnement amusé. Car le suspense est grand : que va-t-il arriver, qu’est-il vraiment possible de faire avec cet instrument, est-il possible d’épuiser toutes les possibilités de jeu, les façons de frotter frapper glisser les cordes la caisse et le reste ? Car, me semble-t-il, c’est bien de jeu qu’il s’agit, ou d’exercice de gymnastique, pour l’instrumentiste, qui doit sortir épuisé de son concert d’une virtuosité inhabituelle, et pour l’auditeur, contraint de remette en cause ses préjugés sur la beauté de l’instrument malmené, et ses attentes à son égard. Je comprend notamment la pièce comme une preuve par l’exemple de l’existence de possibilités insoupçonnées dans l’utilisation d’un instrument pluri centenaire, et qui plus est traité par les compositeurs les plus respectés.

Ce qu’on perçoit, c’est donc, pendant un quart d’heure, cette multiplicité saturant l’imagination, submergée par l’insoupçonné et l’inattendu. On ne perçoit pas, à l’écoute, ou plutôt, je n’ai pas perçu, les aspects du métiers de Xenakis qui revèlent des théories mathématiques. Mais ce désordre est pensé avec profondeur, et le travail de sape est méthodique, pour ne pas utiliser des termes tels que : génial. Surtout si la pièce se termine par une sorte de pied de nez à la musique traditionnelle, ou comme une parodie d’exercice d’enfant, autrement dit par une bonne vieille gamme scolaire, celle-ci étant incontestablement l’occurrence d’une des façons de faire de la musique.

Appels téléphoniques, de Roberto Bolaño

Le téléphone reste un accessoire. Il permet cependant, parfois ou quotidiennement, à certains des personnages d’Appels téléphoniques d’atténuer le manque. Tous l’utilisent alors qu’ils sont manipulés par les tourments de l’amour ou la menace de la mort, pris de désirs. Tous ces éléments, ces noyaux, sont polymorphes, et à chaque texte est attachée une voix. Elle n’est pas toujours celle du personnage du récit, mais c’est toujours une voix qui s’adresse à nous sur le ton de la conversation, qui nous raconte ce qui est arrivé au propriétaire de la voix, ou ce qu’il a entendu dire à propos d’un ou d’une autre. Ils nous racontent donc leur histoire comme ils peuvent, parfois dans la confusion et l’incertitude, mais toujours avec la volonté de raconter car à chaque fois il se passe quelque chose d’essentiel, quelque chose comme un signe, qu’on ne sait pas interpréter. Les narrateurs peuvent ne pas avoir de connaissance directe des faits dont ils rendent compte. L’important est qu’ils s’adressent à nous. Nous les écoutons parce que même si le locuteur est un agent mafieux, une actrice porno, un sale flic un prisonnier politique un écrivain etc, on a l’impression de le comprendre, de se reconnaître.

Les raisons qui motivent les coups de fils que se passent de temps en temps les personnages impliquées dans les nouvelles sont multiples, bien sûr. Il peut s’agir d’appeler à l’aide, (même si je ne sais pas si le pauvre jeu de mot appel téléphonique – appel à l’aide vaut en espagnol), il peut s’agir d’appels anonymes, de menaces, ou juste d’appels pour se donner des repères au milieu de tout ça, pour essayer de ne pas se perdre.

Chaque nouvelle, donc, nous donne l’occasion d’une rencontre, autour de l’essentiel et de sa fréquente brutalité, de son arbitraire, son absurdité. Certaines histoires dégagent une telle mélancolie… Tous les appels ne peuvent recevoir de réponse, on peut se retrouver incapable de répondre, de dire ce qu’il faudrait, ce qu’on devrait. C’est clairement de lui, l’auteur, et de nous, qu’il est question, et de nos amours, de notre sexualité, notre mort.

Autant dire que les personnages font comme ils peuvent avec ça… et avec leur désir intermittent de vivre.

« Tony ne se fâchait jamais, ne discutait jamais, comme s’il considérait comme absolument inutile de faire en sorte qu’une autre personne partage son point de vue, comme s’il croyait que toutes les personnes étaient égarées et que ce serait prétentieux qu’un égaré indique à un autre égaré le moyen de trouver le chemin. Un chemin que non seulement personne ne connaissait mais qui probablement n’existait même pas. »

Parenthèse à la notule sur Appels téléphoniques

L’auteur a eu l’occasion d’expliciter, un peu rudement, le rapport de la croissance du besoin de sexe avec la proximité de la mort dans « Littérature + maladie = maladie », publié dans Le Gaucho insupportable : « Baiser est la seule chose que désirent ceux qui vont mourir. Baiser est la seule chose que désirent ceux qui sont dans les prisons et les hôpitaux.. La seule chose que désirent les impuissants, c’est baiser. La seule chose que désirent les castrés, c’est baiser. Les blessés gravement atteints, les candidats au suicide, les disciples non rédimés de Heidegger [surtout ceux là]. Même Wittgenstein, qui est le plus grand philosophe du XXème siècle, la seule chose qu’il désirât, c’était baiser. Même les morts, je l’ai lu quelque part, la seule chose qu’ils désirent, c’est baiser. C’est triste à admettre, mais c’est ainsi. » (p. 146). Les facettes de la sexualité sont nombreuses à apparaître dans le recueil de nouvelles, qui évoquent souvent des personnages désespérés.

La Chevelure sacrifiée, Bohumil Hrabal

Lorsqu’on s’engage dans la lecture d’une œuvre complète on s’expose au risque de la déception, je ne crois pas qu’il existe de vaccin ou de protection d’aucune sorte contre ce genre de chose. Pas de capote mentale, instinctive, contre ce mal (là, je me laisse aller). Mais quand même, en lisant La Chevelure sacrifiée de Hrabal je croyais m’aventurer en terrain sûr, puisqu’on m’avait dit que c’était justement une de ses oeuvres les plus intéressantes, on en a fait un film et tout le tremblement.

Des tremblements d’agacement j’en est bien ressentis, face à ce personnage, cette jeune femme capricieuse. Pense-t-elle vraiment que le fait d’être pourvu d’une chevelure lumineuse lui donne tous les droits? J’aurais peut-être eu tendance, a priori, à le penser moi-même, et à lui accorder le droit de dominer son pauvre mari, timide jusqu’à l’inexistence. Penser à la Femme et le pantin ne m’a pas aidé, puisque même ce bouquin, malgré mon goût pour Louÿs et son oeuvre « érotique », faute de mieux, m’a profondément ennuyé.

Bon, soyons plus précis. La chevelure sacrifiée est notamment un livre sur le narcissisme. Le personnage narrateur est d’ailleurs la seule femme du roman, au centre d’un monde d’hommes, puisqu’elle est la femme d’un gérant de brasserie. Elle ne manque pas de remarquer que sa chevelure attire les regards, puisqu’elle semble être une merveilleuse source de lumière :

« je les comprenais bien et je regrettais seulement de ne pas avoir le don de pouvoir un jour rouler à ma propre rencontre pour prendre moi aussi plaisir à ce dont j’étais fière, à ce dont je ne pouvais avoir honte [sa beauté qui attire les regards]. »

Elle fait tourner les têtes, pas de problème avec ça. Seulement, il me semble que l’écriture de Hrabal, et j’en ait été bien surpris, est affectée et sonne faux. Tout simplement, parle de ses propres pieds en disant « mes petits pieds », je tique. Elle est stupide, d’accord, elle se comporte comme une idiote, mais quand même, elle ne dit pas « ma petite chaussure » en parlant de sa godasse! Peut-être Hrabal a-t-il éprouvé des difficulté à se mettre dans l’esprit d’une petite idiote de cette sorte.

Alors on se dit que, c’est fatal, son insouciance va être punie, et, franchement, on le souhaite presque. Alors on poursuit sa lecture, on compte les pages qui nous restent à parcourir, et il ne peut y en avoir beaucoup puis le texte est relativement court. On attend la catastrophe, la tragédie. Où qu’il est le sacrifice? La catastrophe ne vient pas. Je l’attends encore.

Mais bon, si on s’intéresse au fonctionnement d’une brasserie tchèque des années 20, ça peut peut-être marcher.

On a fait un film avec ça? Un téléfilm larmoyant plutôt.

En passant chez mon fourgue de la rue du Moulin Vert j’ai aperçu une réédition d’un vrai bon livre de Hrabal, du moins dans mon souvenir : Une trop bruyante solitude. L’histoire d’un homme, sous l’oppression d’un régime autoritaire, chargé de compresser du papier, et par suite des livres. Ironique parabole sur le sort de la culture, sur l’alcool les livres et la survie (sauf que je me rappelle que le personnage avançait qu’il mémorisait mieux ce qu’il lisait lorsqu’il avait bu. Bizarre. Peut-être une particularité de la bière tchèque).

(In)actualité de Karl Kraus

Satire et prophétie : les voix de Karl Kraus recueille quatre essais consacrés au polémiste autrichien. Je compte me concentrer sur le triptyque médias, imagination, langage.

« Karl Kraus, le monde intellectuel et la presse » montre comment la presse encourage l’imposture et le mensonge, en plaçant l’accent sur l’annonce de l’événement plutôt que sur l’événement lui-même. La presse est en effet douée de ce pouvoir, avec la complicité de ses lecteurs, de créer un événement, qui éventuellement ne s’est pas passé, ou de nier un autre, alors qu’il s’agit d’une tuerie. Ainsi, les journaux, sans vérification, car pour vérifier il faudrait se rendre là-bas, annoncent qu’untel a atteint le pôle Nord. Car untel l’affirme, décrit précisément le paysage, revient même avec des photos qui rendent plausible son exploit. Le seul problème est que son affirmation est fausse. Cependant, non seulement la presse a besoin de gros titres, mais les lecteurs ont besoin de sentir qu’il se passe quelque chose, que l’humanité se surpasse et file vers le progrès. Dans ce cas l’intellectuel de service voit sa tâche compliquée par la nécessité de reproduire un exploit physique pour le vérifier, et donc se trouve incapable de prendre vraiment position (et c’est, me semble-t-il, la position la plus saine qu’il puisse adopter).
Cependant, il y a plus grave. Il y a quand presse, intellectuels et lecteurs se précipitent dans l’abîme, quand la rhétorique des uns, le pouvoirs de suggestion des autres et la crédulité des derniers engagent des millions d’hommes sur les champs de bataille pour livrer une guerre qui ne pourrait avoir d’intérêt que pour le pouvoir en place, qui trouve d’une certaine façon son existence légitimée par ce geste grandiose. Les marchands d’armes pourraient éventuellement contribuer à la l’exaltation de l’héroïsme patriotique.
Dans ce premier article, c’est la complicité des intellectuels, vivement dénoncée par Kraus, qui est soulignée. Il s’agit de voir comment certains utilisent leur position d’intellectuels, d’universitaires, pour défendre des thèses qui sont celles du pouvoir en place ou des propriétaires de journaux. Comment la rhétorique guerrière se fait passer pour un exposé de la réalité.
Bouveresse montre l’actualité de ce genre d’appréciation en évoquant le lancement de la guerre en Irak. Pourquoi pas?
L’intérêt n’est pas seulement de montrer l’actualité de Kraus, mais de montrer comment les thèses de Kraus anticipent les catastrophes à venir dans son époque, à savoir le nazisme et une autre guerre catastrophique. De là à dire qu’il s’agit pour Bouveresse de mettre en garde contre la possibilité d’un retour en force des nazis ou d’une guerre, soutenus par une presse complice, au prétexte que les même causes produiraient des effets similaires…

Le second article « La nuit qui vient et le cauchemar qui s’annonce : les années 1919-1933 » est le plus long et le plus intéressant des quatre.

Kraus n’a de cesse de prévenir que la catastrophe de la première guerre mondiale peut se reproduire. « On comprend (…) très bien pourquoi c’est à nouveau à la presse que [Karl Kraus] s’en prend en priorité dans les années de l’immédiat après-guerre. Non seulement, en effet, elle est elle-même au premier rang des pouvoirs et des institutions qui ont tout intérêt à faire oublier le plus vite possible ce qu’ils ont fait [encourager les Allemands ou les Autrichiens ou les autres à se lancer dans la guerre], mais encore sa tâche consiste pour une part essentielle à rappeler quotidiennement au monde que l’actualité immédiate a ses propres exigences et que, même sur une guerre qui a fait des millions de morts, on ne peut pas s’attarder très longtemps. »

Les positions de Kraus à l’égard du rôle de l’imagination sont peut-être les plus intéressantes. (le 9 octobre j’ai posté la citation de Karl Kraus qui me servira de base. La traduction est difficilement lisible au début, mais claire à partir de la moitié). Le journaliste « déréalise » les événements, nie que la guerre ne soit que boucherie, ou occulte la misère dans laquelle le pouvoir plonge les citoyens. Par suite, puisque le lecteur est prêt à accepter la « vérité » qu’on lui propose, on en fait un des « acteurs » de la boucherie, ou un défenseur de l’oppresseur. Kraus soutient que l’imagination est la faculté qui nous permet de nous faire une idée de ce qu’est se prendre une balle dans le ventre, et par suite qui rend possible l’humanité, un comportement moral. Si on la remplace cette imagination par une autre, à savoir l’idée que mourir sur le champs de bataille est être un héros de la patrie, ou simplement en niant que la guerre est une catastrophe (comme si on pouvait nier, moins gravement et par exemple, que les nuages, même radioactifs, se moquent des frontières), et bien on fait des hommes des bêtes, de la chair à canon ou des tortionnaires. Pour Kraus, « Le défaut d’imagination a rendu possible la guerre ». Sans doute Kraus dirait que ce défaut a également permis tout ce qui relève de la destruction systématique. J’espère ne pas avoir trop biaisé la thèse de Kraus sur ce point, elle est riche de toutes sortes de pistes. Remplacez l’imagination et l’effort qu’elle suppose par des clichés, et vous obtenez le parfait soldat, assassiné et criminel, une sorte de machine.

Kraus prétendait que la presse, par le recours à ses images et clichés, détruisait l’humanité. Heureusement que les infos ne sont plus l’apanage de la presse, non?

En passant : Kraus n’est pas favorable à la liberté de la presse.

Le troisième essai «  »Apprendre à voir des abîmes là où sont des lieux communs » : le satiriste et la pédagogie de la nation » servira de support pour les thèses de Kraus concernant le langage, qui sont liées aux précédentes.

Kraus avance que la paresse linguistique, le recours au cliché, la phraséologie des journalistes, pour ne parler que d’eux et non des politiciens, est également facteur d’inhumanité. S’encombrer l’esprit de ces clichés, c’est laisser prendre la place aux pensées plus exigeantes, à la pensée tout court. Kraus note par exemple que les représentants des catégories sociales qui lisent la presse de son époque étaient contraints, un siècle plus tôt, de penser par eux-même. Kraus sous-entend qu’on ne s’en portait pas forcément plus mal. Bouveresse, sur ce sujet, utilise les travaux des linguistes qui ont abordé la question du langage du IIIème et dernier Reich. Car la prise de pouvoir de hitler, et surtout les horreurs produites par cet événement, sont en partie le résultat de la situation de la langue. « (…) bien entendu, avec la prise de pouvoir de Hitler, on a (….) franchi un pas de plus à la fois dans l’horreur et dans la dégradation du langage, en particulier dans le triomphe de la phraséologie qui permet justement, par un effet d’atténuation, de neutralisation et d’euphémisation, de banaliser complètement l’inacceptable. » Car, sous-entend Kraus, la paresse dont font preuve les journalistes dans leur utilisation de la langue est le signe de leur paresse morale, et leur utilisation systématique de phrases toutes faites et de clichés, leur automatisme, est le signe de leur inhumanité plus ou moins flagrante, plus ou moins latente, le signe qu’il peuvent devenir acteurs (responsables) de la catastrophe.

Bouveresse prétend que les thèses de Kraus sont d’une actualité criante, et nous encourage à résister, même chacun pour soi. C’est toi qui vois.

Citation de Kraus (2)

« Ce qui rend sale, immorale et bête la vie publique est-il une presse mauvaise plutôt qu’une presse stupide? C’est une chose qui ne peut pas être décidée à un moment où nous voyons un dispositif en soi pernicieux manipulé par des individus qui, dans cette guerre [la première guerre mondiale], ont réussi à apporter la preuve destructrice qu’on pouvait donner au vide intellectuel une forme, qui est celle de l’action. La possibilité complète, adaptée à l’humanité machinisée, de remplacer le vécu de vie et de mort, de façon technique, par l’imprimé, et les représailles mystérieuses de la nature qu’on ne peut pas opprimer, qui ont créé à partir du compte rendu l’événement, de la machine l’action et de la destruction de l’imagination ce monde de remplacement terrifiant de mots et de choses, là un nouveau sentiment de la vie nous adresse la parole. Être livré de cette façon au miracle impie, habiter ainsi en plein jour dans le déclin, cela devrait, s’il nous est resté un résidu de capacité de compréhension, nous communiquer un éclaircissement sur la nature du journal et également sur la façon dont étaient bien avisés les gens peu nombreux qui, déjà en temps de paix, ont « surestimé la presse » et ont redouté un illusionisme économiseur d’énergie pour la pensée, également là où sa suggestion ne servait pas directement les buts de la perversité. »

Kraus, Pain et mensonge, cité dans Bouveresse, Satire et prophétie : les voix de Karl Kraus, p. 130-131

Gass, révolutionnaire sans illusion

Les lecteurs du Tunnel ont été bouleversés par cette oeuvre exploratrice du dégoût de soi et la haine des autres. Pour autant, on ne qualifierait peut-être pas spontanément Gass de révolutionnaire. Il a écrit un chef d’œuvre fouillé, il a fait preuve d’une détermination de terroriste en écrivain une œuvre monstreuse, et pourtant, Gass n’est pas forcément perçu comme un révolutionnaire, peut-être parce que si on creuse on trouve vite du Dostoievski et du Céline, du postmodernisme et du reste. Malgré l’évidence, on ne lui attribue pas ce beau nom.

Pourtant dans « The Nature of Narrative and its Philosophical Implications« , Gass oppose, d’une part, le récit traditionnel (narrative), linéaire, qui pose une question pour y répondre comme il faut (moralement) et, d’autre part le foisonnement de la fiction, sans début sans fin, révélant le pourri comme le reste, s’il en reste, et qui nous laisse sans savoir quoi en penser. Du récit il souligne, avec son habituel ironie et d’un coup de dent, sa fonction politique, en particulier celle de son archétype : le conte. Le conte nous tient par la main pour nous éduquer, par des schémas de narration simples, avec des personnages typiques, la morale inscrite sur la face, symboliques.

(je me souviens juste d’une remarque de Gass. La Belle tombe finalement amoureuse de la Bête malgré, sous-entend le conte, sa laideur. Gass trouve paradoxal que la récompense de cet amour soi une transformation en prince charmant. Si le sens du conte est d’inviter à regarder au-delà des apparences pour s’attacher aux qualités spirituelles des êtres, la belle devrait s’enfuir, dégoûtée, en voyant apparaître le grand échalas qu’elle n’avait pas demandé. Renversement des bons sentiments dans le caniveau, le mauvais esprit fait art. On peut aussi comprendre, dit Gass, que le conte invite à embrasser la laideur de sa propre existence, et la conserver près de soi, on a toujours l’espoir qu’un jour, un beau jour, le laid se change en beau… bref essayez pas de changer quoi que ce soit)

Le conte sert à valoriser les conventions. Il guide le lecteur vers la morale, comme vers l’inéluctable. La fiction, quant à elle, serait de nature subversive car elle explore ce qui se passe sous les conventions, et quelles sont les passions qui les sous-tendent, pas nécessairement dénuées de cynisme, on aura deviné. Là, c’est le Nietzsche de Gass qui parle.

Dans « Anywhere but Kansas« , Gass aborde la question de la posture terroriste de celui qui entre en écriture. Lorsqu’on entre là-dedans, on est tenté de tout faire sauf respecter les règles établies de ce qu’on appelle écriture, et qui sont notamment formelles. Cependant, il ne suffit pas d’écrire contre les règles pour produire une œuvre originale. Certes (c’est du Gass), il est possible de faire un coup en écrivant le premier poème consacré au goût du sperme, mais au fond, on reste condamné à la banalité de l’agitation verbale, la posture révolutionnaire dénuée de profondeur. Qui sont, dans ce cas, les véritables révolutionnaires? Ceux qui travaillent à trouver une voix, qui creusent sans cesse le sens de ce qui se présente sous leur plume et devant eux, laborieusement avec entêtement.

Dans « Test of Time », non seulement Gass, on commence à le connaître, tient une position théorique contraire aux idées reçues, en insistant sur l’indépendance de la qualité d’une œuvre et de sa survivance au cours des siècles, mais il cherche à mettre en évidence l’intérêt de l’institution dans le maintien du mythe de l’épreuve du temps, qui permet de dévaluer les oeuvres actuelles, de les museler, et de constituer un récit national (ce qui ne peut se faire que sur des cadavres, les autres s’agitent trop). C’est dans la relation du texte à l’individu, à l’effet de l’un sur l’autre, que l’on évalue la qualité d’une œuvre. Les œuvres ne sont pas des événements qui passent, on les évalue donc à leur pouvoir, leur capacité à le renouveler à chaque lecture, à leur intensité, autrement dit à leur présence. D’accord, présenté comme ça ce n’est peut-être pas ce qu’il y a de plus révolutionnaire. Sans doute parce que j’ai oublié quelques chose. Soit dit en passant, ça relativise par la même occasion l’importance du contemporain, et du besoin de consommer quelque chose qui soit de notre temps.

Alors passons à « The Writer ans Politics : A Litany », une litanie d’anecdotes plus ou moins célèbres, plus ou moins révélatrices des rapports que, de tous temps et en tous lieux, les écrivains ont entretenu avec la politique au sens le plus large, c’est-à-dire avec les hommes politiques, la carrière politique, la loi, les conditions sociales d’existence, les engagements… Bien sûr la succession de ces anecdotes n’est pas sans produire un effet comique mais si en plus Gass en rajoute avec des blagues du style : « André Chenier s’est fait guillotiné par ordre de Robespierre. On a laissé Georges Feydeau tranquille, alors que Johan Christian Hölderlin, William Collins, August Strindberg, Torquato Tasso, John Clare, Christopher Smart, Friedrich Nietzsche, Robert Walser et William Cowper sont devenu fous, sans que la politique ait rien à y faire. Les femmes sont bien plus nombreuses que leurs maris écrivains à devenir cinglées, ce qui se comprend. » (excuse si la traduction est pas terrible)
Pourquoi la Litanie? C’est une méthode sceptique, relis Sextus Empiricus (j’adore citer Sextus) et ses longues énumérations d’exceptions aux « lois de la nature » ou autres, qui visent à souligner l’impossibilité de toute généralité. De fait, à lire cette liste, on serait bien en peine de savoir qu’en penser : certains écrivains font carrière, sont protégés grâce à leurs oeuvre, d’autres font carrière malgré leurs œuvres, d’autres se retrouvent en prison à cause de leurs oeuvre d’autres crèvent de tuberculose d’autres se retrouvent en prison pour des raisons étrangères à l’écriture, d’autres échappent à la prison même si ce sont des crapules… certains meurent même d’un rire politique, alors que d’autres font carrière dans la dictature et, de leur prison, pondent des best-sellers (preuvent de la nocivité de ce genre de bouquin).
Cependant pour l’instant on en reste au niveau du passe-temps sceptique. Quelles sont les tendances qui se dégagent tout de même? En général, les écrivains se montrent plus fertiles en prison qu’après avoir reçu le prix Nobel (c’est une de ses marottes, et à chaque fois qu’il aborde ce thème le nom de Faulkner apparaît – cf l’interview au Believer, si ça t’intéresse, une interview de plus). C’est du Spinoza : si tu réprimes un groupe politique ou un homme capable de s’adresser aux foules, il risque de s’énerver et de provoquer l’émeute, la révolte. (en lisant Spinoza je pensais qu’interdire certains groupes politiques rosés pourraient leur profiter, qu’une telle mesure provoquerait l’émulation salutaire, le bouillonement intellectuel toujours promis jamais aperçu. Le pdt l’a compris, et ouvre grand ses petits bras). Bref, en tant que politique, vaut mieux laisser les écrivains tranquilles, de toute façon même s’ils s’agitent ils ne font pas de mal, et l’Etat n’a pas vraiment à craindre de ces masses de papiers : « De nos jours, la croyance au pouvoir de la parole littéraire est confinée aux pays reculés, et c’est un indicateur majeur pour repérer les sociétés moins avancées »). En revanche, les écrivains sont meilleurs s’ils ne sont pas laissés trop tranquille (conseil aux écrivains, même nobélisés : faites donc un tour en taule). Bref s’ils se comprenaient il ne pourraient pas être d’accord.
En plus, si on insiste sur le fait que les écrivains ont servis tous les bords, non seulement lorsqu’on les considère en groupes, mais lorsqu’on observe leurs vestes, trouées, non pas à cause des balles qu’ils auraient reçues, mais parce qu’elles sont usées à force d’être retournées, il est difficile de leur attribuer une place déterminée. Cela dit, Gass n’oublie pas, loin de là, les écrivains qui se font assassinés par les pouvoirs politiques et autres fanatiques.
De toute façon, nous dit aussi Gass, la littérature politique n’est plus tellement littéraire. Parler de l’immigration, des conditions de vie dans les entreprises Renault, de l’ascension d’un nain jusqu’au sommet de l’Etat (les exemples ne sont pas forcément de Gass), et on ne verra plus l’oeuvre ou la littérature, on ne verra qu’une propagande. (faudrait-il, pour créer une oeuvre politique véritable, appuyer le travail du style, qu’il n’y ait pas d’erreur?) A l’inverse, bien sûr, la littérature, la vraie, n’a rien à voir avec ça, et se complait dans le nombrilisme et les querelles de couples . Bref, alors que les pressions politiques religieuses commerciales et autres sont au moins aussi forte qu’auparavant, la littérature s’éloigne de la politique car elle se détache, suggère Gass, de la réalité : quel écrivain supporterait de travailler dans une entreprise, d’occuper un poste à responsabilités dans une entreprise ou une administration? ça fait pas assez artiste, plutôt donner des cours à la fac. L’écriture est devenu, au cours des siècles qu’évoque Gass, une carrière, et a perdu son poids, et peut-être sa voix.

Bref, Gass s’amuse, si l’on veut, à nous secouer, par une bonne révolte intellectuelle. Mais comme sa révolte est sans idéal (et pour cause), on en reste là.

Citation de Kraus

« [L’humanité] reste pour toujours liée à la puissance qui extirpe d’elle son imagination, comme elle le fait avec les forêts qu’elle utilise pour la production du papier sur lequel elle parvient à ce résultat, pour lui offrir à la place de cela toutes sortes de succédanés savoureux. Grâce à la technique de l’imprimerie, par laquelle elle lui livre tout prêt à domicile ce qui, dans les valeurs éternelles, lui est nécessaire pour décorer son logis, dispensée de tout effort intellectuel, habituée, pour toute perte subie en matière de représentation vivante, à être dédommagée en clichés, elle a par conséquent dû réussir cette dernière épreuve sanglante par laquelle une vie dont les réalités ont été mises hors circuit se transforme en mort, cette vengeance des éléments dans une civilisation qui a travesti mensongèrement la surface de tout ce qui est en ornements. Mais, étant donné qu’une humanité qui a été bousillée par le progrès en marche n’apprend rien elle-même de son déclin, parce qu’il est seulement une expérience vécue et non une expression toute faite, elle met encore hors circuit la réalité de la famine, et nous apprenons, dans l’horrible tragédie d’une communauté rabaissée au rang de matériel humain, qu’à présent elle avance en chancelant également sans la représentation de son malheur, ne sent rien jusqu’à ce que l’on touche sa propre peau, ne perçoit dans la règle que l’exception, ne reconnaît son semblable que sous le concept de son propre personnage principal, ne réagit à la perte de son voisin que comme aux fluctuations de la chance et de la malchance, et se fait l’effet d’être déjà altruiste quand elle ne tire pas un profit usurier de la misère, ne fait que s’isoler complètement d’elle. Nous expérimentons, le regard figé, le fait qu’elle vit la mort des autres comme nouvelle journalistique et reproche le plus petit sacrifice personnel à ceux qui ont le courage de gouverner un champ de morts, sans avoir le pouvoir de le métamorphoser en un paradis. »

Karl Kraus, Pain et mensonge, cité dans Satire et prophétie : les voix de Karl Kraus, de Jacques Bouveresse (p 89-90)

Rideau de verre, de Claire Fercak

Entre deux Hrabals je me suis essayé à un roman de la rentrée littéraire et même, suprême audace (ou inconscience), à un premier roman de cette rentrée, écrit par une jeune femme de 25 ans. Mes sentiments à sa lecture étaient relativement mitigés, car le texte montre une aspiration à la puissance que l’auteur ne parvient pas vraiment à mettre en œuvre, un potentiel explosif sans détonateur, mais déjà mes propositions sont négatives alors passons tout de suite sur l’autre versant.

Le sujet du Rideau de verre est la violence subie par une petite fille, et ses répercutions sur son corps et son esprit, pendant leur survenue et après que plusieurs années ont passé (ça ne passe pas). On devine plus qu’on ne comprend clairement (j’y reviens) qu’il s’agit d’une petite fille qui subit les coups et les vexations de son père qui menace de la tuer. Dans ces conditions « Elle n’a pas longtemps été enfant, ce fut une maladie. Imaginez comment on se sent quand on habite un corps juvénile et qu’on ignore ce qu’est une petite fille. »

La narratrice, racontant le passé ou le présent, utilise le « je » ou le « elle » dans des tentatives de détachement, impossible, de son passé de brutalité et de mort. Elle ne sait plus, pas plus que nous, où est le passé, le présent, la jeune femme et la petite fille. Permanence de la douleur, marque permanente sur le corps et la langue. Elle se plonge dans les souvenirs morbides, et parfois respire malgré sa folie, puisque c’est un aspect de sa folie de ne pouvoir distinguer le passé du présent, la raison du délire verbal et des associations insensées du côté de symboles immanents, la petite fille qui prend les coups et la femme qui les a pris. Les effets de court-circuits qu’implique la combinaison de ces éléments sont bien rendus par l’écriture chaotique de Claire Fercak. En outre, le délire est un moteur d’invention poétique, certes souvent morbide, mais plonge le personnage et le lecteur dans l’incompréhension.

Contre cette folie la lecture, de Sylvia Plath et Virginia Woolf, mais aussi l’écriture, la recherche d’une voix, apparaissent comme une alternative au vocabulaire froid de la psychiatrie, incapable d’apaiser les tourments de la personne et de la langue, tout juste bon à prévenir : « Le médecin la met en garde Si vous prêtez aux origines elles sont malsaines une trop grande attention peuplent mon organisme elles finiront par blanchir mes os ronger votre système nerveux. J’ai vingt-quatre ans. Il est trop tard, je veux consentir à la douleur. Et la nommer. » ça m’étonne, qu’on présente l’écriture comme un moyen thérapeutique, et en fait ça m’ennuie de voir quelqu’un se regarder écrire, mais bon.

Je suis parfois senti éloigné du texte. Les associations et effets de collages créent une confusion qui nous détache de leur violence supposée, comme aussi le raffinement de l’écriture, qui de fait est constituée de phrases confuses quand à leur sens mais claires quand à leur musique, ce qui donne à mon avis un ensemble un aspect posé contraire à l’intention. Ce n’est que mon impression.

Le bouquin est publié aux éditions Verticales, et dans une certaine mesure il est surprenant qu’on n’en entende pas davantage parler, mais bon (je ne veux pas dire qu’il faut en faire tout un foin, tout de même). Les journalistes préfèrent Olivia Rosenthal et On n’est pas là pour disparaître. Je n’ai pas aimé ce livre que je n’ai pas terminé, juste quelques mots pour m’expliquer, surtout si tu l’as lu et que tu l’as aimé. J’ai été intéressé par les quelques trouvailles verbales qui rendent l’état mental du personnage victime de la maladie d’Alzheimer, mais agacé par les notes (qui couvrent au moins un quart du roman) de l’écrivain du style « j’écris sur Alzheimer » (on avait remarqué) « parce que j’ai peur d’en être victime ou qu’un de mes proches le soit » (m’en fous).

Enfin, Rideau de verre est un texte très court (moins de cent pages), ce qui contribue à l’impression de lire un recueil de poésies, et peut-être aussi à une compression du sens source de confusions. J’espère n’avoir pas été trop confus moi-même. A+


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