La flemme (Albert Cossery)

Tu connais peut-être Cossery. Je viens de m’acheter un de ses bouquins (maintenant mien) Un complot de saltimbanques. Si tu connais pas faut que je te dise que ses bouquins dont des sortes d’éloges de l’oisiveté.

Celui qui est considéré comme son meilleur roman, Mendiants et orgueilleux, est notamment l’histoire d’un type qui a renoncé à tout (il était universitaire mais je ne pense pas que Cossery ait commis l’effort inconsidéré de lancer la mode des personnages de ce type dans le roman du siècle), un mendiant, qui vit pour ainsi dire de hachich et d’eau fraîche, même si ça ne l’empêche pas de rester philosophe, quand par exemple il observe le sort qui est réservé aux cul-de-jattes par leurs femmes (les pauvres) ( je parle des cul de jatte bien sûr) – à moins que ce soit le cul de jatte, qui impose ses moindres volontés à sa femme, contre toute attente? Gohar trouve toujours le moyen de remonter le moral de ses potes (un pote qui ne chôme pas, en somme). Cependant, ce type qui ne fait que penser, ricaner ou philosopher, et qui, tout de même se ballade et boit du thé, en tout cas qui passe une bonne partie de son temps en sieste, e vient à commettre un meurtre (on parle d’un remake de Crime et châtiment) Que de problèmes en perspectives, pense-t-on, surtout avec le zèle des flics en ce moment – à moins qu’il n’ait tué pour sauvegarder sa tranquillité ? . Mais qu’est-ce qu’un philosophe, pour Cossery, sinon un type que rien ne vient troubler, toujours d’une humeur égale, imperturbable. Le flic à la poursuite sera-t-il converti à cette art de vivre? Ou Gohar en viendra-t-il à prendre goût à la fuite?

Inutile de te préciser qu’on rigole bien et franchement.

Dans Les Fainéants de la vallée fertile, il pousse le bouchon. La folie a pris Serag. Lui, réputé par monts et vaux comme le plus digne rejeton d’une famille de pures faignasses (certains de ses parents peuvent dormir plusieurs jours de suite – et attention à l’énergie brutale que peut déployer un fainéant quand on le réveille pendant la sieste!), il lui prend la folle lubie de chercher un travail. Le cherche-t-il avec toute l’assiduité que lui impose son statut de chômeur? Cette folie lui passera-t-elle?

Alors tu vois, je me suis pris un petit Cossery histoire de me marrer un coup contre l’absurdité des connards qui s’agitent en tout sens (j’ai bien peur d’être moi-même contraint à me déplacer, parfois), pour on ne sait quoi sinon troubler la tranquillité voire le sommeil des autres (révolution!), mais arrivé chez moi j’ai peur que ce bouquin ressemble un peu trop aux autres, et me vient la flemme de le lire.

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4 Responses to “La flemme (Albert Cossery)”


  1. 1 julien 26/09/2007 à 09:37

    On m’a conseillé Mendiants et orgueilleux mais surtout les couleurs de l’infamie.Tu l’as lu celui là ?

  2. 2 Untel 26/09/2007 à 09:53

    Non hélas, je ne l’ai pas lu et même n’en ai jamais entendu parler, ce qui fait que, même si la position de certains est différente sur ce point, je ne peux rien en dire.Ce qui est sûr c’est que celui qui t’a conseillé Mendiants et Orgueilleux est de bon conseil. Efficace pour se dérider (non que tu en aies particulièrement besoin, on en a tous besoin)

  3. 3 Bartleby 30/10/2007 à 11:26

    Merci pour ton post. Il m’avait intrigué. Je suis, grâce à toi, en train de lire Mendiants et Orgueilleux. C’est excellent.

  4. 4 Untel 30/10/2007 à 16:43

    J’en suis bien content!


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